Loin de mon visage, de mes traits, de mon propre reflet, je n'ai d'oeil que pour ceux des autres, où parfois je me croise sous une petite silhouette difforme, modelable. Je me demande si tout cela à vraiment un sens, comment peut-on prétende connaître de la vie et des gens si soi-même déjà l'on ne se connaît pas. Que suis-je? C'est une grande question à laquelle j'ai su répondre, d'une réponse jamais tout à fait stable, et cela fut ma grande ignorance. Aujourd'hui je prétendrais être trop fatigué pour me reconnaître dans quelque chose d'encore valable, ce n'ai pas que je ne dors pas non, c'est que je ne me suis jamais réveillé du confort. Je suis las, lent, impassible voir mort. Les eaux sont vaseuses et l'oxygène y est difficilement extirpable, les quelques rares rayons de soleil fuient dans ce bas fond impénétrable, trop brefs, imprévisibles , et ne nous laissent les suivre. A cette heure, j'envie les oiseaux de s'être si bien évadés des flots. Est-il possible que je n'ai pas de bronches, pas assez en tout cas pour me satisfaire dans cette eau qui stagne et croupie, ma place n'est-elle simplement pas ici ? Ils ont fait de moi par ragots un poisson comme tout le monde.

